Thèse Sur L’olfaction D’une Mouche Parasite Des équidés
il y a 5 jours
37380 Nouzilly _
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**Présentation INRAE**:
L’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) est un établissement public de recherche rassemblant une communauté de travail de 12 000 personnes, avec 272 unités de recherche, de service et expérimentales, implantées dans 18 centres sur toute la France. INRAE se positionne parmi les tout premiers leaders mondiaux en sciences agricoles et alimentaires, en sciences du végétal et de l’animal. Ses recherches visent à construire des solutions pour des agricultures multi-performantes, une alimentation de qualité et une gestion durable des ressources et des écosystèmes.
**Environnement de travail, missions et activités**:
Actuellement, le cycle biologique et les dégâts provoqués par les gastérophiles sont connus [5-12] mais en pratique, un diagnostic invasif (gastroscopies) ou post-mortem reste le plus souvent nécessaire pour mettre en évidence le lien entre la présence de ce parasite et l’état de santé d’un animal. Le plus souvent, ces parasites passent inaperçus parce qu’ils sont éliminés lors des traitements aux lactones macrocycliques (ML) qui ciblent les nématodes gastrointestinaux. Cependant, ces nématodes ont développé des résistances aux ML [13, 14] et si des mesures ne sont pas bientôt prises, ces molécules ne seront plus suffisantes pour leur contrôle. De plus, les ML sont les seules molécules efficaces contre les gastérophiles. En l’absence de traitement, le nombre et la fréquence des infestations seront en augmentation.
Ce projet a deux objectifs principaux : i) associer le statut physiologique et parasitaire à la signature odorante des équidés à des fins de diagnostic (type et gravité de l’infection) et ii) trouver des molécules naturelles issues de l’écologie chimique du parasite ou de l’hôte qui pourraient être utilisées comme principes actifs dans des stratégies de lutte alternative ou raisonnée à l’utilisation d’antiparasitaires de synthèse.
Le premier objectif du projet qui porte sur le diagnostic de l’infestation par les gastérophiles et les nématodes, sera abordé grâce à un protocole basé sur un suivi par gastroscopies et par coproscopies. En même temps un suivi des émissions de volatiles au cours de l’année sera effectué et associé au niveau du parasitisme. Le deuxième objectif se divise en deux approches complémentaires : Tout d’abord nous allons effectuer une analyse chimique pour l’identification de molécules issues des volatilomes des gastérophiles adultes et de leur hôte, les équidés. Et dans une deuxième approche, nous allons nous intéresser aux récepteurs olfactifs de cet insecte. Par approches moléculaires nous allons identifier ces récepteurs canaux ioniques, pour ensuite caractériser leur expression dans les différents stades de développement. Enfin, nous allons décrypter leur fonction afin de les utiliser comme cibles contre ces parasites. Ce projet, propose une approche multidisciplinaire allant de l’épidémiologie et l’écologie chimique classique à la biologie moléculaire et la caractérisation de cibles pharmacologiques. Il implique donc du suivi sur le terrain, de la chimie analytique, du comportement olfactif, de la transcriptomique, de l’expression hétérologue et de l’électrophysiologie.
L’ambition de notre projet est la mise en place d’un diagnostic du parasitisme grâce aux molécules émises par les équidés parasités. Le suivi du changement des émissions en fonction de la charge parasitaire aidera à prédéfinir de nouveaux seuils de parasitisme acceptables pour le bien-être animal. Cette nouvelle approche de gestion du parasitisme adaptée à l’état physiologique de l’animal et en fonction des besoins est une occasion d’éviter l’étendue de la résistance observée aux MLs chez les nématodes et faire perdurer son utilisation raisonnée dans le temps. Nous allons également établir une liste de molécules, potentiellement attractives ou répulsives pour _G. intestinalis_. Enfin, au niveau moléculaire nous allons pour la première fois identifier les récepteurs chimiosensoriels de _G. intestinalis_ et en choisir deux afin d’identifier leur fonction, leurs ligands et leurs antagonistes pour une utilisation éventuelle dans la lutte contre ce parasite.
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